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Arkoya

Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 19:59


1727876645.jpgLe mouvement de balancier suivant est bien connu : parfois Big is beautiful et à d’autres moments Small is better. On se souviendra de l’industrie  des Télécommunications aux Etats-Unis. A l’origine ATT qui était l’opérateur unique national fut divisé en 7 « Baby Bells » le 1 janvier 1984. Puis au début des années 2000 la plupart fusionnent entre eux à leur tour : AT&T a refusionné avec 4 d’entre eux dont SBC un des plus importants. Hors AT&T nouvelle version, il n’en reste que trois : Bell Atlantic+Nynex devenu Verizon et US West. A l'heure de la crise des suprimes qui dégénère en crise financière internationale, il est légitime de poser la question : les banques sont-elles devenues trop grosses ?

 

Le Glass-Steagall Act*

Coté banque c’est un peu la même chose. Il faut se rappeler ce qu’est le Glass-Steagall Act qui est le nom sous lequel est généralement connu le Banking Act de 1933 aux États-Unis.

L’objet de celui-ci a permis :

- d’instaurer une incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement;

- de créer le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires;

- d’introduire le plafonnement des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires ( la Regulation Q ).

 

A l'époque, on interdisait donc à des banques de détails (de dépôts/crédits) d’être des banques d’affaires et réciproquement. Ce n’est que le 12 novembre 1999 grâce au Financial Services Modernization Act, dit Gramm-Leach-Bliley Act qu’il est devenu désormais possible d’exercer les deux métiers : c’est par exemple la création du mastodonte Citigroup comme le souligne Charles Lysander du cabinet Arkoya.

Des monstres à plusieurs têtes

Ce sont à la fois la déréglementation financière des années 1980 et l’émergence des nouvelles technologies (comme Internet) à la fin des années 1990 qui ont engendré deux choses majeures :

- le développement des paradis fiscaux (off shore et on shore) non contrôlés

- le développement de nouveaux métiers financiers parallèlement au développement d’Internet (rapidité des transactions, etc)

C’est donc cette complexité à laquelle se sont adaptées les banques mais peut-être trop vite par rapport aux régulations en vigueur. La Finance est devenue internationale, les réglmentations sont toujours locales. D'où le besoin d'Europe mais pas seulement.

 

Aujourd’hui une banque est une fédération de métiers qu’il est devenu difficile à coordonner pour le management d’une grande banque. On parle de « silos » qui ne communiquent plus (cf. le rapport sur la Société Général dans l'affaire Kerviel). Voici la liste de ces métiers qui de surcroît se sont tous internationalisés en quelques années :

La banque de détail (des particuliers, des professionnels et des PME) : c’est la banque traditionnelle des dépôts / crédits. Elle est devenue une plate-forme de distribution commerciale de nombreux produits. Elle s’est fortement internationalisée ces dernières années par des acquisitions. Par exemple, la majorité des banques de détail des pays de l’Est est passée sous contrôle des pays de l’Ouest de l’Europe.

 

La banque de financement et d’investissement (BFI) : par nature, c’est une activité internationale qui elle-même est une mozaïque de métiers dont il est difficile de faire une liste exhaustive. En résumé il y a :

- la banque de financement qui se charge de vendre de la dette des grandes entreprises (Large Caps et leurs filiales) et de participer à l’organisation et au financement de projets (infrastructures, avions, etc)

- la banque d’investissement qui regroupe les métiers d'émissions de titres (introductions en bourse, émissions de produits complexes), les fusions acquisitions et les activités de marché devenues elle aussi  ultra complexes (titrisation, produits dérivés, couvertures de changes, etc)

Au-delà de ces métiers traditionnels des banques, ce sont de véritables multinationales qui se sont développées à partir d'autres activités :

La Gestion d’actifs : cette branche est constituée par des gérants de fonds dont les actifs appartiennent à des clients particuliers, entreprises et institutionnels à travers des fonds ou fonds de fonds (FCP, SICAV). Les supports d’investissements sont nombreux : actions, obligations, immobiliers, etc. Cette activité s’est très bien portée jusqu’à 2007.

La conservation de titres et les services back office. Il s’agît de " l’arrière boutique" des banques. Ce sont des activités proches de celles d’une SSII. Des grands projets dirigés par des ingénieurs sont à l’œuvre. Ces métiers sont au service de la gestion d’actif et ils fournissent tous les services nécessaires (documents administratifs, reporting de performance), etc. Pour exercer ces métiers, il faut dorénavant avoir une taille critique internationale. Les français (BPSS, filiale de BNPP Paribas, CACEIS filiale commune du Crédit Agricole et des Caisses d’Epargne) sont loin derrière les américains (Bony, State Street). C'est au sein de la conservation de titre que se trouvent les expertises pour les régléments internationaux et la connaissance des systèmes de place comme Euroclear, Clearstream (dont les banques sont administrateurs), SWIFT.

 

 

Le crédit à la consommation : Cetelem (BNPP), Sofinco (Crédit Agricole) sont devenus des acteurs majeurs en Europe grâce à plusieurs dizaines d’acquisitions ces dernières années. Les encours de crédit sont importants et c’est une activité très rentable pour les banques.

 

Les financements spécialisés : le factoring et le leasing

L’externalisation de créance (factoring) et le crédit-bail (leasing) sont d'autres métiers traditionnels des banques. Regroupés en filiales européennes, ils connaissent également un essor remarquable depuis la fin des années 1990.

 

Les moyens de paiements

Autre silo, c’est encore un métier très technique proche de celui d’une SSII en charge des infrastructures informatiques des réseaux bancaires, des solutions de moyens de paiements pour la clientèle, des enjeux liés aux cartes de crédit, de la gestion des chèques, de la gestion des plates-formes de paiement interbancaires.

 

L’assurance

Les banquiers ne se sont pas privés d’utiliser leurs réseaux pour vendre des produits d’assurance vie (dont la gestion des encours est confiée à l’activité Gestion d’Actifs) et d’assurance dommage. Ainsi les mutualistes Crédit Agricole et Crédit Mutuel sont devenus des acteurs incontournables de la bancassurance en moins de 20 ans.

 

Private Banking

La banque privée s'adresse à une clientèle fortunée en off shore (pour de la clientèle internationale) ou en on shore pour la clientèle domestique. C'est une activité très rentable dont les clients doivent posseder en général au moins 1 milion d'euros d'avoirs financiers. Les banques françaises disposent de filiales très importante en Suisse et au Luxembourg. Les banques privées sont des "banques" dans la Banque.

 

L’immobilier

Chez les banquiers, le nerf de la guerre est le crédit immobilier aux particuliers. Pour gagner, il faut être les plus crédibles dans le métier. Les banques étant très riches au début des années 2000 elles se lancent plus ou moins vite dans la constitution de pôles immobiliers. Les Caisses d’Epargne avec la CDC (Crédit Foncier de France) et BNP Paribas, puis plus tardivement le Crédit Agricole. L’addition des nouveaux métiers est impressionnante :

- Promoteurs immobiliers (Meunier chez BNP Paribas),

- Gestion Locative de parcs immobiliers,

- Agence Immobilière (Caisses Régionales du Crédit Agricole),

- Courtiers immobiliers (BNP Paribas avec Atis Real),

Sans compter, la gestion d’actifs immobiliers pour compte propre et compte de tiers.

 

Le Private Equity

Dernier « silos » de la banque dont elles sortent petit à petit. Le Private Equite est l’investissement dans des sociétés (a priori non cotées d’où le terme private) dans le cadre de levées de fonds et de véhicules d’investissement réglementés.

La notion de « silos » est symbolique car la réglementation impose à certaines activités de ne pas communiquer entre elles pour des raisons de conflits d’intérêts (muraille de Chine). Mais ce point ne concerne pas l’ensemble des autres métiers qui devraient mieux communiquer et être mieux surveiller pour éviter des d’écueils que les opérationnels ne peuvent pas voir sur le terrain. L'équilibre de certains métiers volatiles comme la banque de financement et d'investissement avec un métier plus stable comme la banque de détail a par contre un certain sens en termes de risques. C'est la stratégie de bon sens du Crédit Agricole. Et pourtant depuis un an le cours de bourse de la banque est en chute libre de -57%.

 

Les shadocks pompent, pompent

Concrètement, la coordination de ces métiers est extrêmement difficile voire impossible par le management. Il est donc parfaitement impossible pour les administrateurs de groupes bancaires de pouvoir exercer leurs fonctions de contrôle du management.  De même les analystes financiers spécialisés dans la banque pompent comme des Shadocks autour des banques, véritables boîtes noires, sans pouvoir exercer quelque esprit critique fondé sur quelque chose de tangible (comme des stocks, des ventes, une étude de marché). Et ils se plantent dans les prévisions : il faudrait des analystes financiers demi-dieux capables d’analyser et de comprendre également l’immobilier, l’assurance, les métiers techniques. En résumé, c'est impossible.

 

La question est : va-t-on dans le mur à cause de ces silos, et comment y remédier ?

* Il tient son nom d'un Sénateur démocrate de Virginie, Carter Glass, ancien Secrétaire au Trésor, et d'un Représentant démocrate de l'Alabama, Henry B. Steagall, président de la Commission Banque et Monnaie de la Chambre des Représentants.

Par Charles
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 19:53

Charles Lysander, de la société de recherche Arkoya a bien voulu répondre à une longue interview pour notre blog. C'est assez décapant, gardez votre esprit critique, et bonne lecture !!!

 

Interview réalisé par Hugo Archiptères le 12 février à Zurich

 

WTB : Que pensez-vous de la crise ?

CL : La crise, la crise…cela fait plus de trente ans que nous entendons régulièrement parler de crises, quelles qu’elles soient. C’est devenu, tout du moins en Occident, une situation permanente.

 

WTB : Nous parlons d’abord de crise financière !

Oui, je crois que ceux qui en 2007 ne voyaient qu’une crise conjoncturelle, uniquement centrée sur la finance dite virtuelle n’ont rien compris. Et parmi ceux qui n’avaient rien compris, la majorité fait toujours partie du système même. Beaucoup de décideurs, de politiques…

Autant, l’on peut comprendre que les gouvernements ne souhaitaient pas propager l’idée d’une crise de peur de l’accélérer. En revanche, de la part des économistes, des décideurs, du Medef, c’est une faille historique. C’est  la Trahison des économistes (NDLR livre de Jean-Luc Gréau) !

La crise financière est l’illustration de mutations plus profondes, déjà connues mais dont peu de gens ont voulu voir la réalité en ce début de siècle. J’y reviendrai.

 

WTB : Qui sont les responsables ?

Tout le monde est quelque part un peu, à son niveau, responsable et il faudra veiller à éviter de désigner des boucs émissaires. Mais les milieux d’affaires dont font partie les banquiers portent une responsabilité extrêmement lourde qui va être de plus en plus difficile à porter. L’élection présidentielle de 2007 est une excellente illustration. Les élites ont laissé s’organiser la candidature Sarkozy face à une candidate présentée comme peu crédible aux yeux des français et les autres leaders potentiels ont été écartés.

Tous nos problèmes d’aujourd’hui résultent d’une situation dont Sarkozy n’est pas responsable mais son style, et ses idées sont anachroniques et c’est assez stupide pour les Français d’avoir porté à leur Présidence à un candidat qui voulait mettre en œuvre un programme à l’américaine qui est en train de s’effondrer.

C’est inquiétant, car jusqu’à 2012, il y a peu de chance que Sarkozy et ses équipes puissent assumer une autre politique, plus sociale. Politiquement, il fait prendre à la France des risques énormes en stigmatisant des catégories de français. C’est un homme dont nous aurions pu très bien nous passer.

 

WTB : Vous n’accablez pas les journalistes ?

 

Ils ont été mauvais mais ils ont aussi été précarisés par les industriels possédants les médias. Ils ne pouvaient s’exprimer. C’est la raison pour laquelle certains ont choisi l’indépendance grâce à Internet.

J’ai trouvé les initiatives de Mediapart extrêmement intéressantes. Comme quoi d’anciens trotskystes peuvent être des entrepreneurs téméraires. C’est honteux de la part de la droite de ne pas avoir en son sein de telles initiatives. Le scandale autour des Caisses d’Epargne est très révélateur. Mediapart a finalement gagné le procès, que d’énergie perdue. De même sur l’affaire Clearstream, Mediapart a été le seul à bien couvrir l’événement avec quelques révélations troublantes.

 

WTB : Qui avait vu venir la crise ?

Il y avait des gens qui avaient très bien identifiés les risques de rupture mais ils n’avaient pas la parole : en général des chercheurs plutôt à gauche, au CNRS, des indépendants peu audibles et puis une petite minorité de spécialistes mais comme on dit souvent : ceux qui ne savent pas parlent, ceux qui savent se taisent. Patrick Artus avait publié plusieurs ouvrages alarmistes. Mais à force de crier au Loup, vous savez on perd, sa crédibilité. De même Madame Lagarde déclarait sur France Inter 18 décembre 2007, «Nous aurons certainement des effets collatéraux, à mon sens mesurés. [Il est] largement excessif de conclure que nous sommes à la veille d'une grande crise économique».

Pour revenir sur la candidature Sarkozy, il était difficile de faire tourner le vent en 2007, face à des rouleaux compresseurs médiatiques comme TF1 ou Le Figaro. Bayrou s’en était insurgé !

Donc ce sont plutôt d’anciens trotskystes, sensibles aux arguments de Marx qui tiraient depuis longtemps la sonnette d’alarme que les adeptes du libre échange. Mais pour les vrais adeptes du libre échange, il y avait bien le constat que nous ne sommes pas en système de libre échange équitable mais plutôt dans un système de prédation organisée.

 

 

WTB : Comment faire face ?

Je pense qu’à l’Elysée, les conseillers économiques sont le nez dans le guidon et n’ont pas beaucoup de recul. Le Président lui-même n’a pas la formation nécessaire et à force de courir à droite à gauche, il s’essouffle. L’origine culturelle du cercle privilégié des habitants de Neuilly y est pour quelque chose.

Pour la plupart des gens, c’est s’informer, réfléchir, rester calme. Le dernier livre de Jacques Attali apporte quelques conseils intéressants. Ne pas compter sur les dirigeants, ils sont mal à l’aise, crispés comme quelqu’un qui vient de commettre une énorme bourde. Quelle est cette bourde ? C’est la mondialisation non régulée et gangrenée par la corruption.

 

WTB : Vous êtes très dure avec la Présidence ? C’est pourtant la même situation dans d’autres pays.

 

Effectivement, ce n’est pas brillant dans d’autres pays. Barack Obama a été choisi par Wall Street pour prolonger le système. Le choix était clair, prendre un candidat qui n’a pas l’air proche des financiers et de la vieille Angleterre. Il n’avait aucune raison de refuser ce rôle et cela lui permet d’apporter des améliorations à la cause noire aux Etats-Unis. Mas cela ne résout en rien les problèmes des américains.

 

WTB : Et en Europe ?

 

En Italie, Berlusconi est l’illustration du pire mélange des genres. C’est honteux. J’ai de la peine pour les italiens qui méritent bien mieux.

Pour les autres pays, excepté l’Angleterre, l’Allemagne et la Russie, on ne peut qu’être indulgent. Ils n’avaient pas la puissance politique pour empêcher les excès du système. Ces sont les pays les plus vulnérables, avec des élites influencées qui payent : l’Irlande, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, les Pays Baltes, etc.

 

WTB : Et l’opposition?

Je n’en parle pas car elle n’existe plus. Le PS est infiltré de partout et n’est plus qu’un vieil édredon avec quelques pièces de tissus usées rapiécées pour patchwork. Le PS a été l’instrument de Mitterrand et l’UMP est l’instrument de Sarkozy. Au prochain de trouver son instrument. UMP et PS sont des gadgets pour journalistes parisiens et c’est tant mieux pour les bonnes brasseries. Pour les régions ce ne sont que des étiquettes pour des élus de terrains souvent dépassés par les événements malgré leur courage et leur implication.

 

WTB : Pourquoi cette crise survient-t’elle ?

Pour un grands nombre de raisons et toutes ont été cachées sous le tapis car cela n’arrangeait personne de les traiter. Maintenant que le système casse, il est difficile de les expliquer une par une et de les démêler.

Une des raisons fondamentales est d’abord monétaire : le système dollar qui n’est plus relié à l’or a été manipulé par les américains dans leur propre intérêt et ils ont trop tiré sur la corde. A cela s’ajoute les analyses, nombreuses, sur la théorie de l’Empire. Cela est mauvais et bon à la fois. Sans les Romains, nous aurions des systèmes encore moins compatibles en Europe.

Pour continuer à fonctionner le système a eu recours à tous les artifices possibles et imaginables : paradis fiscaux, boîtes noires un peu comme celle dénoncée par le journaliste Denis Robert dans ses enquêtes sur la finance, des trucages de chiffres, la corruption de gouvernement de petits pays, la concentration de leurs banques, leur emprise sur la majorité des institutions internationales.

 

WTB : Vous parler d’une stratégie de domination.

Oui, la même que celle mise en place par les anglais au début du XXème siècle. Ils avaient compris l’importance stratégique du pétrole au Moyen-Orient. Ils ont tout fait pour le modeler avec l’aide de leurs rivaux, les français pour se le partager : ce furent les accords de Sykes-Picot. De leur coté, les allemands souhaitent relier leur pays avec Bagdad par liaison ferroviaire via les Balkans et la Turquie. Ce n’était pas la révolution Internet mais celle du Rail. Et cela a donné quelques années plus tard la crise de 1929. D’ailleurs, la première guerre mondiale fut déclenchée sur le tracé de cette ligne à Sarajevo. Un hasard ?

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont dominés par un clan, celui des financiers de Wall Street ou du complexe militaro-industriel les deux liés autour de la vieille Angleterre dont une forme d’idéologie protestante millénariste prédomine. Thomas Carlyle ou surtout le révérant Blackstone sont leurs inspirateurs et ont donné leurs noms à des fonds d’investissements éponymes. Et ce clan n’a qu’une préoccupation c’est de gérer la Chine. Tim Geithner parle chinois. Le journaliste Eric Laurent en dresse un portrait très intéressant dans La face cachée des banques.

 

WTB : Qui peut rivaliser avec les Etats-Unis ?

Personne. Il y a l’Europe avec son modèle social, et encore de nombreux atouts, sa civilisation, ses centres de recherches, qui valent bien souvent ceux des Etats-Unis. Mais l’Europe n’a pas de volonté politique unifiée du fait de l’OTAN et de l’hyper dilution des principaux Etats européens. Les américains souhaitent s’appuyer sur l’Europe mais ils sont à bout de souffle dans leur stratégie. Pour la Chine, même si elle monte en puissance, elle est encore très fragile. Le système financier est probablement pourri avec des créances douteuses un peu partout. Ce n’est pas une démocratie, et la Chine peine à monter en gamme sur beaucoup de produits. Enfin, historiquement, la Chine n’est pas une civilisation très expansionniste. Elle n’a pas un cinéma qui va promouvoir le Chines Way of Life comme Hollywood.

 

WTB : Quelle est la prochaine crise ?

Peut-être sur les marchés actions, qui ne semblent pas affectés depuis un an et demi. Mais il ne faut pas oublier que par exemple que 50% de l’activité du CAC 40 est réalisée à l’étranger, que les sociétés faisant partie de l’indice payent très peu d’impôts en France et que cet indice n’est absolument pas représentatif de l’économie française.

Mais franchement, ce qui m’inquiète le plus c’est l’endettement des Etats. Et là, il n’y a pas de recette magique malheureusement. Cela peut plomber la croissance des pays occidentaux pendant plusieurs décennies, le temps tout simplement de rembourser. Que font les gens pas très riches qui sont endettés ?: ils vivement chichement et font très attention à leurs dépense. A la limite c’est travailler plus pour gagner moins. L’inverse du slogan stupide du Président. C’est vraiment une arnaque mais il n’est pas le seul responsable. La crise est planétaire.

Après une crise sécuritaire avec Al Qaeda, la crise financière de 2007, une crise sanitaire avec l’émergence du H1N1, et la crise écologique, les consciences de la planète s’éveillent.

Autant, la mondialisation était vécue jusqu’à présent que par une minorité d’occidentaux qui voyageaient par le tourisme. Depuis l’avènement d’un nouvel ordre mondial, finalement, il y a émergence d’une conscience planétaire. C’est ce que Theillard de Chardin appelait la Noosphère dans les années 40. Michel Serrès parle aujourd’hui de Biogée, pour définir la Terre comme une personnalité qui d’ailleurs n’est jamais invitée à des sommets…

 

WTB : Que va-t-il se passer ?

L’humanité ne va de l’avant que par l’innovation, nous avons connu une vague sans précédents, exponentielle, à la fois en nombre d’hommes mais aussi de capacité à faire des choses incroyables. En termes d’usage et de consommation, nous avons inventé la plupart des choses qu’un humain peut avoir besoin pour être heureux. Il ne manque que la santé et une meilleure compréhension de notre environnement aussi bien dans l’infiniment petit que dans l’infiniment grand. Les grands débats entre Dieu et la Science seront toujours d’actualité. Mais qui sait, peut-être un jour nous en croiserons d’autres qui se posent la même question.

 

Que proposez-vous ?

Plus concrètement, un meilleur équilibre entre les structures financières des Etats-Unis et de la Chine qui va prendre du temps à mettre en place. Mais autant les économies en voie de développement peuvent prendre plus ou moins pour modèle les pays développés, pour les pays développés, c’est plus compliquer. Il faut être créatif car nous sommes entrés pour l’instant dans des économies de renouvellement. Et là je rejoins plutôt les analyses de la gauche ou de ce qu’il en reste.

 

WTB : C'est-à-dire ?

Lisez par exemple Jeremy Riftkin. La fin de travail. Les gains de productivité réalisés depuis l’apparition d’Internet sont colossaux. On a longtemps dit qu’il fallait que les salariés apprennent à se reconvertir. C’est vrai, je suis d’accord, mais il arrive un moment ou la création ne compense plus la destruction. C’est une évidence. Et cela est formidable de pouvoir s’émanciper de tâches ingrates et difficiles. C’est la logique des 35 heures. Il est tout à fait sain de se consacrer à sa famille parents et enfants au sport, à al culture et à s’instruire.

 

Cette vision échappe totalement au pouvoir en place. En grande partie parce que cette vision n’est pas partagée sur la planète, en tout cas pour l’instant. Et cela nous pénalise, c’est vrai dans le commerce international. Mais doit-on accepter pour nos enfants les mêmes conditions de travail que les chinois sous prétexte que c’est plus rentable ? Non, non non et non. Dans ce cas, si c’est l’enfer que l’on nous prépare, il ne faut plus commercer avec ce type de pays ou alors avoir un plan pour le convertir à notre vision de l’humanité.

 

 

 

WTB : Finalement, nous sommes sur un site Internet consacré aux banques et vous ne parlez pas de finance.

Au contraire je n’ai fait que cela. Vous croyez quoi ? Que la finance est théorique ? Et bien oui et non mais vous voyez bien à quoi elle conduit : du concret. Plus sérieusement, je pense que les banques sont devenues trop grosses pour être maîtrisées mais aussi surtout contrôlées. Les faits en témoignent sans contestation.

Aussi les financiers sabraient le champagne alors même qu’ils savaient qu’ils allaient dans le mur. Je peux comprendre que certains pensent au complot. Pour la plupart d’entre eux c’est d’abord de l’incompétence, de la naïveté ou de la cupidité. Mais je pense quand même aux mémoires de David Rockefeller qui revendique vouloir contribuer à la mise en place d’un gouvernement mondiale ou quelque chose qui y ressemble. Malheureusement, si c’est le cas, ils font courir le risque que l’on jette le bébé avec l’eau de bain. Car pour l’instant rien ne peut remplacer de capitalisme ou cela sera pire et nous avons peu avancé et avec d’immenses dégâts, sauf avec le G20 sur une forme de gouvernance acceptable.

 

WTB : Qui voyez-vous émerger comme leader d’opinion ?

Des intellectuels et des chercheurs peut-être. Il ne faut rien attendre des politiques, des journalistes et peu des entrepreneurs. Mais c’est aussi normal, il y a des hommes d’actions et des hommes de réflexions. Ce sont plutôt des hommes d’actions qui sont aux commandes, parfois il faut mieux ne rien faire que de faire mal. La vrai valeur ou le miracle c’est quand les deux se rencontrent.

 

WTB : Et comme leaders politiques ?

Pas grand monde. Villepin a de la superbe, Bayrou est représentatif d’une grande partie des français. Il faut quelqu’un capable de se coordonner avec d’autres pays avec le bordel qui vient. Il faudrait un ticket Villepin avec quelqu’un de dynamique comme Sarkozy mais pas avec les mêmes idéologies, ni quelqu’un trop proche des pouvoirs économiques mais tout en les connaissant suffisamment pour ne pas gêner une partie de nos entreprises qui sont en pleine guerre économique et en étant crédible. Un économiste, un ancien patron de banque, je ne sais pas. En tout ca, quelqu’un de pédagogue et de rassurant et non pas un agité du bocal qui court après des fantasmes bling bling. Ce n’est pas juste pour la France.

 

WTB : Par quoi souhaitez-vous conclure ?

Et bien par cela justement. Pour l’instant les nations sont en guerre économique : il n’y a plus de morts de la même façon même si il est possible d’imputer des suicides et des catastrophes par une gestion au service de la guerre économique. Aujourd’hui ce n’est pas l’économie qui est au service de l’homme etmais souvent l’inverse.

Et une guerre économique peut durer longtemps. Le temps de trouver une forme d’organisation plus acceptable par les peuples des nations qui devront se définir d’abord comme humain puis avec des spécificités nationales ou locales.

 

WTB : Tout ce que vous dites est bien compliqué, comment avoir les idées claire dans ce monde si compliqué ?

Il faut attendre, bien s’informer auprès de gens indépendants, c’est devenu rare et ne pas se tromper lors d’élections par exemple. C’est ce que le président sait très bien :la seule façon d’être réélu c’est d’avoir les « vieux » dans la poche. Donc, discours sécuritaire, etc…

 

WTB : Merci pour votre temps


Une explication de la crise par Arkoya en pdf

Par Charles - Publié dans : Macroéconomie
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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 19:47

L'institut Bruegel vient de publier une étude intéressante sur la possibilité de mieux organiser les dettes souveraines des Etats européens : il propose dedistinguer la bonne dette, dite dette bleue, qui respecte les critères en vigueur, de la dette rouge qui va au delà des limites autorisées.

 

L'idée est de mutualiser la dette bleue au niveau européen et de faire bénéficier à tous les Etats d'une signature réputée, celle de l'Europe, pour cette "bonne dette".

 

Pour la dette rouge, rien ne serait changé, mais la possibilité pour un Etat très endetté d'émettre de la dette bleue à des taux d'intérêt très raisonnables devrait soulager l'économie de nombreux pays.

 

La Grèce pourrait par exemple émettre au moins la moitié de sa dette sous forme de dette bleue à des taux relativement bas, même si elle doit payer plus chère sa dette rouge.

 

 

Source Arkoya

 

Par Charles - Publié dans : Endettement des Etats
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 00:03

afghanistan.jpg

 

 

En 2001, année de revirement des Etats occidentaux vis-à-vis du régime Taliban qui était jusque là leur allié, la production afghane d’opium était proche de zéro. Dès 2002, la production atteint un niveau proche de 4 000 tonnes restant stable jusqu’à l’année 2005 pour ensuite augmenter considérablement à plus de 8 000 tonnes en 2007.

 

La politique d’augmentation du nombre de soldats occidentaux en Afghanistan à partir de 2005 n’a pas pu contribuer à freiner, ni réduire la production de drogue.

 

Selon l’observatoire des drogues, l’héroïne européenne provient à 90% d’Afghanistan, l’opium transitant par la route de la soie et les Balkans.

 

Si la présence militaire des occidentaux avait pour objectif la réduction de la production de Drogue, alors c’est un échec.

 

 

 

 

Méthodologie

Le graphique a été réalisé à partir des données statistiques publiées par l’UNODC dans son rapport 2009 intitulé World Drug Report. Pour les chiffres du nombre de soldats présents sur le sol afghan, les sources recoupent celles de l’ISAF avec une synthèse chronologique publiée par France Info et par l’Etat Major de l’Armée française.

United Nations Offices on Drugs and Crime

International Security Assistance Force

 

 

Par arkoya.over-blog.com - Publié dans : Afghanistan
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 00:13
Dernière nomination en date : Christian Noyer, actuel gouverneur de la banque de France, va prendre la tête de la BRI, la Banque des Règlements Internationaux, qui est la toute puissante association de toutes les banques du Monde.

Si l'on dresse la liste des institutions qui comptent au niveau de la finance internationale et du commerce, nous avons :
- le FMI, la banque des banques qui est dirigé par le Français Dominique Strauss Kahn
- la Banque Centrale Européenne dont le Président est Jean-Claude Trichet
- l'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce, avec à sa tête Pascal Lamy
- le Commissaire Européen aux Services Financiers, tout récemment nommé qui est Michel Barnier.

Ces hommes sont internationalement reconnus pour leurs qualités techniques et leur capacité de travail. Parmi les 5 hommes :
- deux ont fait leur carrière plutôt à gauche : DSK et Pascal Lamy
- trois étaient plutôt à droite : Jean-Claude Trichet, Christian Noyer et Michel Barnier.

Deux d'entre eux sont membres de l'influent Club dénommé le Siècle.

Une présence aussi importante de français, alors que la finance française est tradtionnellement loin derrière celle des Etats-Unis ou du Royaume-Uni, est remarquable. Ces nominations sont un cran dessus de ce que la France pourrait légitimment obtenir par sa taille économique et sa diplomatie.

Aussi, il faut y voir un signe. Un signe que ces nominations sont aussi le fait d'autres pays. Ces autres pays pensent, très certainement, que le poids des français, avec une vision différente de la finance anglo-saxone, peuvent contribuer et stabiliser et assainir la finance internationale.
 
Par arkoya.over-blog.com - Publié dans : Macroéconomie
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 18:45
D'après le réseau voltaire qui lui même cite une source allemande (Internationaler Hintergrundinformationsdienst für Politik, Wirtschaft und Wehrwesen, juillet-août 2007), la banque Fédérale américaine est dirigée par une minorité de banquiers qui agissent dans leur propre intérêt. Officiellement ce n'est pas le cas : la Fed est gérée par un consortium de banques privées américaines et de membres nommés par le Président des Etats-Unis. (cf.  Le fonctionnement de la Fed ).

Voici ce qu''indique le réseau Voltaire le 17 septembre 2007 :

Les manipulations du système monétaire et du système des changes provoquent le scandale le plus important de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, parce qu’elle a lieu effectivement dans le monde entier, qu’aucun gouvernement ne peut plus la contrôler ni la stopper ou l’empêcher et que, formellement, elle a même lieu légalement en raison de lois désuètes.

L’étape décisive dans la rupture avec la monnaie d’Etat a été la fondation, en 1913, du Système fédéral de réserve des Etats-Unis. Dès la fin du XIXe siècle, les banques sous la coupe de l’empire Rotschild ont lancé une grande campagne pour prendre le contrôle de l’économie des Etats-Unis. Venant d’Europe, les Rotschild ont financé la Banque J.P. Morgan & Co., la Banque Kuhn Loeb & Co., John D. Rockefellers Standard Oil Co., les chemins de fer d’Edward Harriman et les aciéries ­d’Andrew Carnegie.

 

Aux environs de l’an 1900, les Rotschild ont envoyé aux Etats-Unis un de leurs agents, Paul Warburg, pour coopérer avec la Banque Kühn Loeb & Co. Jacob Schiff et Paul Warburg ont lancé une campagne visant à instaurer des « Federal Reserve Banks » (FED), instituts privés d’émission. Appuyés par les deux grands groupes financiers Rotschild et Rockefeller, ils sont parvenus à fonder une banque centrale privée ayant le droit d’émettre sa propre monnaie, moyen légal de paiement garanti à l’origine par l’Etat. L’instauration de la FED en 1913 a permis aux banquiers internationaux de raffermir leur puissance financière aux Etats-Unis. Paul Warburg a été le premier président de la FED.

 

Le XVIe amendement de la Constitution états-unienne, qui a permis au gouvernement de prélever un impôt sur le revenu, a suivi la fondation de la FED. Telle était la conséquence du fait que le gouvernement ne pouvait plus émettre sa propre monnaie. Ainsi, les banquiers internationaux faisaient indirectement main basse sur le patrimoine privé des citoyens états-uniens. A l’époque, les plus importants actionnaires de la FED étaient :

  • 1. Les banques Rothschild de Paris et de Londres
  • 2. La Banque Lazard frères de Paris
  • 3. La Banque Israel Moses Seif en Italie
  • 4. La Banque Warburg à Amsterdam et à Hambourg
  • 5. La Banque Lehmann à New York
  • 6. La Banque Kuhn Loeb & Co. à New York
  • 7. La Banque Rockefeller Chase Manhatten à New York
  • 8. La Banque Goldman Sachs à New York.

Après la Première Guerre mondiale, les réserves d’or mondiales ont été accumulées dans cette banque privée qu’était la FED, de sorte que de nombreuses banques centrales n’ont plus pu maintenir l’étalon-or et que leur pays a sombré dans la déflation – la première crise économique mondiale. Même pendant la Guerre mondiale, les Etats-Unis ont exigé des pays en guerre qu’ils paient les armements livrés en or. Après la fin de la guerre, l’or de l’Allemagne a dû aussi être cédé comme butin de guerre. A elles seules, plus de 30 000 tonnes d’or du monde se sont ainsi accumulées aux Etats-Unis. Cet or a servi de couverture au dollar. Toutefois, comme une grande partie des dollars étaient détenus dans les banques centrales étrangères comme réserves monétaires, les Etats-Unis ont pu imprimer et dépenser davantage de dollars qu’ils n’avaient d’or. En effet, les autres pays avaient besoin de dollars pour acheter des matières premières, traitées uniquement en cette monnaie. Outre l’or, le dollar est donc devenu de plus en plus une des réserves monétaires principales des banques centrales étrangères. Le règne du dollar dans le monde avait commencé.

 

En 1971, Richard Nixon (37e président des Etats-Unis de 1969 à 1974) a résilié l’obligation de convertir le dollar en or (l’étalon de change-or) et, simultanément, la garantie de l’Etat à propos du dollar. Depuis lors, le billet vert n’est couvert ni par l’or ni par une garantie de l’Etat ; il s’agit donc de la monnaie privée libre de la FED. Or la masse monétaire de dollars en circulation déterminée par la FED (depuis mars 2006, celle-ci ne publie plus le chiffre de la masse monétaire M3) est devenue un problème insoluble : pendant que la masse mondiale de biens quadruplait au cours des 30 dernières années, la masse monétaire s’est multipliée par quarante.

 

Comment fonctionne cette banque privée qui a le droit d’imprimer des dollars ? La FED produit des dollars. Ceux-ci sont prêtés au gouvernement des Etats-Unis contre des obligations qui servent de « sûretés » à la FED. Les banques de la FED qui détiennent ces titres perçoivent des intérêts annuels. Astucieux, n’est-il pas vrai ? Dès 1992, les obligations détenues par la FED avaient une valeur de quelque 5 trillions de dollars, et les intérêts payés par les contribuables états-uniens augmentent constamment. La FED s’est appropriée ce patrimoine incroyable en prêtant de l’argent au gouvernement états-unien et en encaissant alors des intérêts. La contre-valeur : du papier de couleur, nommé dollar.

 

Répétons-le : le dollar est émis non pas par le gouvernement des Etats-Unis, mais par la FED, qui est contrôlée par des banques privées et met à disposition du gouvernement de l’argent et, en contre-partie, encaisse largement des intérêts et prélève des impôts. Personne ne remarque cette duperie. De plus, les obligations émises par le gouvernement donnent à la FED un droit de gage, public et privé, sur l’ensemble des biens-fonds des Etats-Unis. De nombreuses actions en justice se sont efforcées de faire annuler la loi sur la FED, mais sans succès jusqu’à maintenant.

 

Le président John F. Kennedy a été le premier à tenter de transformer la FED en édictant un décret présidentiel (« Executive 0rder 11110 »). Peu après, il a été assassiné, probablement par son propre service de renseignement. Le premier acte de son successeur, Lyndon B. Johnson, a été d’annuler le décret de son prédécesseur dès son retour de Dallas à Washington, dans l’avion présidentiel.

 

Et aujourd’hui ? Les banques privées tentent par tous les moyens de maintenir et d’assurer leur gigantesque source de revenu qu’est le dollar. Les Etats qui veulent nouer leurs relations commerciales internationales sur la base de l’euro, tels l’Irak, l’Iran ou le Venezuela, sont déclarés terroristes. Les gouvernements sont forcés de livrer des produits aux Etats-Unis contre des dollars sans valeur, et l’augmentation effrénée de la liquidité fournit à la haute finance les liquidités illimitées avec lesquelles elle peut acheter dans le monde entier. Les banques centrales du monde entier sont forcées de détenir des dollars sans valeur comme « réserves monétaires ». Le dollar des Etats-Unis est la monnaie privée de la haute finance, garantie par personne si ce n’est par elle-même, utilisée pour maximiser le profit, accrue sans vergogne, employée comme moyen de domination mondiale et pour accaparer toutes les ma­tières premières et autres valeurs au monde.



Sur Paul Warburg, lire Jacques Attali : Un Homme D'Influence. Sir Siegmund Warburg, 1902-1982

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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 23:25

La nouvelle vient de tomber Lundi 8 février au soir.

Le président de l'UE, Herman Van Rompuy, a évoqué la création d'un "gouvernement  économique" des 27 afin de mieux coordonner leurs politiques face à la crise, avec à la clé des incitations financières pour les bons élèves, dans un document obtenu lundi par l'AFP.

En revanche, son carisme vient d'être comparé publiquement à celui d'une serpillière humide par le député européen anglais Nigel Farage.


Nigel Farage à Herman van Rompuy : “Qui êtes vous ?”



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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 23:44

 

Le représentant du Massachusetts à la Chambre passe à la question les patrons des grandes banques.

 

http://www.house.gov/capuano/

 

A Massachusetts representative (Michael Capuano) asks how many of the banks lent money to be directly used for credit-default swaps. He asks how many directly bought CDS. It looks like most, but they do not sound off verbally.

 

The rep said he believes SIVs are “ILLEGAL” and starts yelling– actually yelling — : “I am amazed that NONE OF YOU HAVE BEEN PROSECUTED YET….How can any regulated bank have anything on its books that is TOTALLY UNREGULATED that does the same thing a bank does? You come to us today on your bikes, buying Girl Scout cookies, helping out Mother Teresa, saying, ‘we’re sorry; trust us.’ He says he has constituents who have robbed some of their banks saying the same thing, which draws laughs. But he will not be stopped.

 

The message is that people don’t believe the CEOs have learned their lessons. “You created CDOs, CDS, SIVs, you CREATED them –and you’re not the only ones, you’re just the ones sitting here — and now you’re here today saying, ‘we’re sorry, trust us, and we don’t even want the money.”

 

The problem I have is that honestly, NONE OF US, America does not trust you any more. I myself get a lot of money to put in banks. I don’t have ONE SINGLE PENNY in all your banks. Not one. Because I don’t want my money in CDOs or credit-default swaps. We don’t believe anything will change UNTIL YOU CHANGE THE PEOPLE WHO BROUGHT YOU INTO SIVs. Who was the brilliant person who brought you into credit default swaps? BRING HIM IN. FIRE HIM. And don’t say you’re not using THAT money for bonuses.

 

Money is NOT FUNGIBLE in your entities. It’s fungible EVERYWHERE else…in this new world that YOU created and WE have to clean up.” We may have missed a few words, because he was shouting loud and fast, but that is most of it.

 

Liste des banquiers présents :

From left, Goldman Sachs’s Lloyd C. Blankfein; J.P. Morgan Chase’s James Dimon; Bank of New York Mellon’s Robert P. Kelly; Bank of America’s Ken Lewis; State Street’s Ronald E. Logue; Morgan Stanley’s John Mack; Citigroup’s Vikram Pandit, and Wells Fargo’s John Spumpf, testify on Capitol Hill in Washington.

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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 23:20
Les engagements des banques vis à vis de l'immobilier commercial aux Etats-Unis sont connues par les banques elles-mêmes évidemment. Mais la sonnette d'alarme vient d'être officiellement tirée par le COP. Le COP est le Congressional Oversight Panel, le Groupe de contrôle du Congrès des Etats-Unis. Publié le 10 février 2010, il exprime de vives inquiétudes quant à la solidité financière des banques en cas d'échec du refinancement de nombreux prêts en 2011.

L'agefi online du 22 février titre : "L'immobilier commercial américain se prépare à une nouvelle vague de défaillances" exprimant les craintes déjà relayées par Paul Jorion, anthropologue économiste atypique.

Les banques pourraient perdre 200 à 300 milliards de dollars à partir de 2011, selon un rapport émanant du Congrès

Selon le Congressionnal Oversight Panel, entre 2010 et 2014, près de 1.400 milliards de dollars de crédits immobiliers commerciaux devront trouver un refinancement. Or  la moitié de ces emprunts dépasse la valeur actuelle des biens auxquels ils sont adossés.  Depuis 2007, le marché de l'immobilier commercial a, en moyenne chuté de 40% en raison de la hausse du taux d'inoccupation, de 8% pour les immeubles d'habitation et 18% pour les immeubles de bureaux,
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 23:20
Ci-dessous un article de David Reilly publiée sur Bloomberg :  ReSecret Banking Cabal Emerges From AIG Shadows
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601039&sid=aaIuE.W8RAuU

En résumé, l'auteur qui a suivi les évolutions de l'affaire AIG semble très critique vis à vis d'une minorité de financiers dont Tim Geithner et de la Federal Reserve de New York dans le sauvetage du géant de l'assurance américain AIG. Il apporte même directement de l'eau au moulin de ceux qui crient régulièrement au complot.

Ces critiques sont corroborées par les écrits du journaliste français Eric Laurent dans son dernier livre La Face Cachée des Banques dans lequel il consacre plusieurs page au clan Geither, en particulier le père de Tim Geithner.

Jan. 29 (Bloomberg)  The idea of secret banking cabals that control the country and global economy are a given among conspiracy theorists who stockpile ammo, bottled water and peanut butter. After this week's congressional hearing into the bailout of American International Group Inc., you have to wonder if those folks are crazy after all.

Wednesday's hearing described a secretive group deploying billions of dollars to favored banks, operating with little oversight by the public or elected officials.

We're talking about the Federal Reserve Bank of New York, whose role as the most influential part of the federal-reserve system - apart from the matter of AIG's bailout -deserves further congressional scrutiny.

The New York Fed is in the hot seat for its decision in November 2008 to buy out, for about $30 billion, insurance contracts AIG sold on toxic debt securities to banks, including Goldman Sachs Group Inc., Merrill Lynch & Co., Societe Generale and Deutsche Bank AG, among others. That decision, critics say, amounted to a back-door bailout for the banks, which received 100 cents on the dollar for contracts that would have been worth far less had AIG been allowed to fail.

That move came a few weeks after the Federal Reserve and Treasury Department propped up AIG in the wake of Lehman Brothers Holdings Inc.'s own mid-September bankruptcy filing.

Saving the System

Treasury Secretary Timothy Geithner was head of the New York Fed at the time of the AIG moves. He maintained during Wednesday's hearing that the New York bank had to buy the insurance contracts, known as credit default swaps, to keep AIG from failing, which would have threatened the financial system.

The hearing before the House Committee on Oversight and Government Reform also focused on what many in Congress believe was the New York Fed's subsequent attempt to cover up buyout details and who benefited.

By pursuing this line of inquiry, the hearing revealed some of the inner workings of the New York Fed and the outsized role it plays in banking. This insight is especially valuable given that the New York Fed is a quasi-governmental institution that isn't subject to citizen intrusions such as freedom of information requests, unlike the Federal Reserve.

This impenetrability comes in handy since the bank is the preferred vehicle for many of the Fed's bailout programs. It's as though the New York Fed was a black-ops outfit for the nation's central bank.

Geithner's Bosses

The New York Fed is one of 12 Federal Reserve Banks that operate under the supervision of the Federal Reserve's board of governors, chaired by Ben Bernanke. Member-bank presidents are appointed by nine-member boards, who themselves are appointed largely by other bankers.

As Representative Marcy Kaptur told Geithner at the hearing: "A lot of people think that the president of the New York Fed works for the U.S. government. But in fact you work for the private banks that elected you."

And yet the New York Fed played an integral role in the government's bailout of banks, often receiving surprisingly free rein to act as it saw fit.

Consider AIG. Let's take Geithner at his word that a failure to resolve the insurer's default swaps would have led to financial Armageddon. Given the stakes, you might think Geithner would have coordinated actions with then-Treasury Secretary Henry Paulson. Yet Paulson testified that he wasn't in the loop.

"I had no involvement at all, in the payment to the counterparties, no involvement whatsoever," Paulson said.

Bernanke's Denials

Fed Chairman Bernanke also wasn't involved. In a written response to questions from Representative Darrell Issa, Bernanke said he "was not directly involved in the negotiations" with AIG's counterparty banks.

You have to wonder then who really was in charge of our nation's financial future if AIG posed as grave a threat as Geithner claimed.

Questions about the New York Fed's accountability grew after Geithner on Nov. 24, 2008, was named by then-President- elect Barack Obama to be Treasury Secretary. Geither said he recused himself from the bank's day-to-day activities, even though he never actually signed a formal letter of recusal.

That left issues related to disclosures about the deal in the hands of the bank's lawyers and staff, rather than a top executive. Those staffers didn't want details of the swaps purchase to become public.

New York Fed staff and outside lawyers from Davis Polk & Wardell edited AIG communications to investors and intervened with the Securities and Exchange Commission to shield details about the buyout transactions, according to a report by Issa.

That the New York Fed, a quasi-governmental body, was able to push around the SEC, an executive-branch agency, deserves a congressional hearing all by itself.

Later, when it became clear information would be disclosed, New York Fed legal group staffer James Bergin e-mailed colleagues saying: "I have to think this train is probably going to leave the station soon and we need to focus our efforts on explaining the story as best we can. There were too many people involved in the deals - too many counterparties, too many lawyers and advisors, too many people from AIG - to keep a determined Congress from the information."

Think of the enormity of that statement. A staffer at a body with little public accountability and that exists to serve bankers is lamenting the inability to keep Congress in the dark.
Par arkoya.over-blog.com - Publié dans : Etats-Unis
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